« Entreprise comportant des difficultés, une grande part d’inconnu, parfois des aspects extraordinaires, à laquelle participent une ou plusieurs personnes »… voici la parfaite définition de l’Aventure! Celle que je vis depuis janvier. Celle que j’ai partagé avec Ama et Texa à travers la Mongolie Centrale en juillet. Juste quelques ingrédients. Une guide d’Oulan Bator : Urnaa, 22 ans. Un chauffeur mongol : Batulga dit « Baggy », 30 ans. Un véhicule : un van russe… certainement la trentaine aussi! Et 3 euskaldun motivées.
Quelques courses au marché à la sortie de la ville et hop, nous voilà partis sous un grand et beau soleil pour une semaine de road trip tous ensemble… et en musique! Toujours un peu les mêmes c’est vrai mais les chants et sourires de Baggy étaient exquis. Encore une fois, la gentillesse exceptionnelle des Mongols nous fait craquer. Coupée du monde durant la majeure partie du XXe siècle, la Mongolie est devenue dans l’imaginaire de tous le symbole de la contrée lointaine et isolée. Mais qu’en est-il aujourd’hui?
Et bien, la Mongolie c’est tout d’abord un climat. Le ciel nous aura finalement jouer des tours dès la seconde journée d’expédition et c’est presque les 4 saisons que nous avons affronté en ces 7jours d’été au milieu des paysages de steppes, sommets, déserts et champs de colza. Parfois couvert et orageux, bientôt ensoleillé, toujours mystérieux et éclatant. Des heures et des heures de route sur des pistes en terre et des routes défoncées… c’est aussi ça le charme d’un voyage en Mongolie! Corps sensible s’abstenir, ça secoue grave. Sans exagérer, on s’est envolées plus d’une fois! Autre spécificité du coin, les immenses troupeaux de bétail en liberté dans de grandes étendues à perte de vue. En plus des vans-camions, on trouve ici pas mal de motos et jeeps de fabrication russe bien que le cheval reste (of course!) la monture privilégiée des Mongols. Il y en aurait au moins autant que d’habitants dans le pays! Et pour en finir avec les particularités de ce territoire grand comme trois fois la France, je ne pouvais faire l’impasse sur le point noir (ou plutôt gris, restons nuancée!) : la gastronomie mongole! Premier resto = première erreur! Digestive-ment parlant un séjour en Mongolie se révèle souvent être plutôt délicat. En effet, étant une cité d’éleveurs, le régime traditionnel mongol est composé de la nourriture pouvant être obtenue des animaux domestiques présents ici à savoir la vache, la chèvre, le mouton, le cheval et le chameau. Le top 5! Tout cela est donc fort en calories et graisses, ce qui rend les habitants capables de résister au froid hivernal… et les touristes quelque peu dérangés! Pour exemple, la patate est ici considérée comme un légume et les « diary products » sont tous à base de lait bien bio, ultra puissant voire fermenté. Le truc qui vous débouche le nez en un temps record! Quelques bonnes surprises culinaires tout de même, hormis les excellents restaurants de la métropole, comme le barbecue mongol aux pierres chaudes (la seule et unique fois que Mister Baggy a cuisiné pour nous!), les kiwis séchés… et mes biscuits favoris aux pépites de chocolat ramenés de la maison par Ama! Milesker! La Mongolie a donc la réputation d’être un pays sauvage à l’abri du monde moderne mais la réalité est bien différente. À Oulan-Bator, 4×4 et bornes Wi-Fi foisonnent. Les bergers nomades utilisent des téléphones portables et les enfants font des démonstrations de breakdance à l’ombre de la statue de Gengis Khan. Ces vingt dernières années, L’État s’est employé à combattre les clichés en encourageant notamment la venue de voyageurs étrangers. Toutefois, malgré l’accueil plus que chaleureux, le voyage n’est pas une promenade de santé dans ce pays qui demeure pauvre avec infrastructures et services rudimentaires. C’est bel et bien ce que l’on a constaté au travers des douches se faisant rares ou encore de l’expérience cocasse des toilettes locales pour Ama et Texa. Mémorable!
Cela dit, qu’est-ce que c’était beau! La virée a débuté par la région de Kharkhorin, anciennement Karakorum, lieu incontournable et même capitale du temps de l’Empire Mongol de Gengis Khan. On y a visité le premier monastère bouddhique du pays fondé en 1585, le super joli Erdene Zuu Khiid avec ses moines en prière. Ce passage en ce lieu chargé d’histoire et de culte fut l’occasion d’une p’tite découverte : mes signes chinois sont le tigre et le feu. Étonnant? Pas vraiment. Autre surprise, mais qui voilà à la Ger pour touristes (sorte de guesthouse avec des yourtes) où on passe la nuit? Ma pote de Java, Liane. Coïncidence incroyable! Ravie de la revoir en tous cas, d’autant plus qu’on s’était loupées à UB. On a ensuite assisté à une célébration du Nadaam dans la Vallée de l’Orkhon avant d’arriver dans la ville la plus haute en couleurs de la province d’Arkhangaï, la belle Tsetserleg. On a vite repris la route en direction du Great White Lake dans le Parc National Khorgo Terkhiin Tsagaan Nuur, site splendide surtout avec les nuages énigmatiques présents ce jour là. Au programme de ces deux superbes journées : rencontre de la famille d’éleveurs adorable qui nous a accueilli, échanges entre agriculteurs dans leur yourte « distillerie artisanale », traite des yaks, rando jusqu’au volcan plein de légendes non loin de là ou encore balade au bord du lac… on a adoré cet endroit et malgré son standing simplissime on avait tout ce qu’il faut! On était si bien dans notre yourte près du feu alors que le froid et la pluie faisaient quelques apparitions dehors. Ama a aussi kiffé les fleurs dans les parages et son petit coin de montagne tranquille! Bref, un excellent moment. Les choses se sont compliqués le lendemain à l’approche des sources chaudes de Tsenkher, bled difficile d’accès du fait des pluies diluviennes survenues la veille. Baggy est inquiet, on est obligés de traverser une méga rivière avec le vieux van. Il observe, retrousse son short et entre dans l’eau glacée puis réfléchit la clope au bec, hésite, remonte à sa place de chauffeur et d’un coup sans prévenir… il accélère! « Ooooooh, p… on va pas y arriver! ». L’eau rentre dans le van, on rame, on dérive un peu mais ça passe! Youhou, cri de joie en retrouvant la terre ferme! Un peu plus loin, rebelote. On s’embourbe dans un petit ruisseau et un habitant vient même nous aider avec des planches et son cheval. Trop gentil. Je peux vous dire qu’après ça on a bien apprécié les bains à 37-40 degrés. C’est clair, la Mongolie est bien une terre d’aventure! Beauté sauvage, authentique et singulière avec un véritable contraste entre vie rurale et urbaine. J’adore. Le jour suivant on a taillé la route vers les magnifiques Orkhon Khürkree. Et là, aussitôt arrivées aussitôt en selle! Une journée ensoleillée fort agréable dans le sublime cadre de cette région dite « des 8 lacs » avec balade à cheval en fin d’aprem près des falaises et de la plus grande cascade du pays. Enfin, la dernière étape de la semaine nous a conduit au Petit Gobi, zone désertique avec les dunes de Mongol Els. Le désert, encore une autre facette de ce pays insolite. On a eu droit à un petit tour à dos de chameaux jusqu’aux collines de sable que l’on a pu explorer à pied le dernier jour.
C’est ainsi que le road trip touche à sa fin. De retour à Oulan Bator après une semaine intense et mouvementée, c’est toutes gênées que nous faisons nos adieux à nos deux acolytes. Fini les discussions avec Urnaa et ses masques de beautés la nuit! Fini les rires de gosse de Baggy et sa consommation hallucinante de lait fermenté! Fatiguées de cette expédition, on était ravies de retrouver le confort de la capitale. Une dernière journée bien sympathique en ville et le 27juillet il est temps pour nous de dire adieu à la Mongolie. Le terminus des vacances pour Ama et Texa… et pour moi l’épilogue d’un sacré périple! L’aventure d’une vie, jusqu’à la prochaine! Alors, en arrivant à l’aéroport de Paris, c’est presque tout naturellement que je me sens mal, j’étouffe. Tandis qu’on se pose pour boire un coup et se remettre de la foule qui gravite autour de nous en attendant notre dernier vol, Ama me tend une enveloppe sur laquelle elle a écrit « C’était énorme! », comme me l’avait dit Battitt quelques mois auparavant. Trop mignon. C’est vrai que malgré nos esprits pas mal tracassés par les soucis laissés à la maison et nos corps malmenés par les conditions de voyage bien roots ou encore les habitudes alimentaires locales tantôt trop rébarbatives tantôt trop originales (on se souvient encore de ce « putain de lait », hein les filles?!), ce fut incontestablement une aventure « extra-ordinaire » comme Ama le dit si bien! Joli résumé en tous cas. Suite et fin de mon histoire autour du monde dans le prochain article… see you friends!