Indonesia : round 3

L’histoire commence par la rencontre de 2 jeunes français sympathiques à l’hôtel de Yogyakarta. « Ah, vous faîtes aussi le tour… cool! », ça tombe bien étant donné les innombrables heures de minibus non climatisé qui nous attendent. Les distances ne sont en effet pas folles ici mais les trajets extrêmement longs pour aller à la découverte des volcans à l’est du pays. Heureusement on passe une bonne partie du temps à bavarder avec mes nouveaux potes au fond du bus! Itinéraire de 3 jours d’aventure incroyable à Java…

Jour 1 : Beaucoup beaucoup beaucoup de route en ce 21 juin! On est finalement presque que des français ou francophones dans le groupe de 12 et on papote pas mal en apprenant à se connaître à vitesse grand V, proximité oblige. C’est parti (avec un peu de retard of course!) pour 450km entre Yogya et Cemoro Lawang soit 12h de route… enfin plutôt 14h au final mais quand on aime on ne compte pas! C’est que ça grimpe sec sur la fin pour atteindre le village qui surplombe le cratère. L’arrivée bien tardive, la fraîcheur de l’altitude après des heures de bus dans la canicule de la plaine et la découverte de l’hôtel au confort plus que sommaire (vive le standard javanais!) finissent par m’achever. 23h23, deux biscuits faute de cuisine ouverte à cette heure-ci et hop au dodo!
Jour 2 : Départ dans la nuit à 3h30 en jeep pour un lever de soleil majestueux depuis les 2770m de haut du Mont Penanjakan avec un site unique en toile de fond. Une caldeira de 11km de large abritant une multitude de volcans dont le Semeru et le Bromo tout fumants. Ce dernier culmine à 2329m d’altitude et appartient à un massif volcanique d’un périmètre d’une quarantaine de kilomètres. Vraiment impressionnant! Malgré la foule (et le froid!), j’ai pu profité  de ce spectacle épatant confortablement installée sur un poteau en béton. Pour une fois que je suis plus grande que tout le monde! Génial. Le paysage se révèle par petites touches et les couleurs deviennent même dingues à l’heure où tout le monde regagne son 4×4 vers 6h donnant un effet presque irréel au panorama. Comme vous vous en doutez, j’ai un peu tardé à évacuer les lieux! On a ensuite pu faire une virée dans le cratère du Bromo de 800m de diamètre qui était récemment fermé en raison d’une activité trop importante. Hallucinant cette mer de sable et cette bouche qui gronde! On a même eu droit à de belles explosions avec projections de pierre et pluie de cendres. On est décidément très chanceux et vernis niveau météo. Après un tel show difficile de reprendre la route! Bonne nouvelle : je découvre que Liane, une des belges du groupe qui voyage seule aussi depuis des mois et avec qui je partage la chambre, suit à peu de choses près le même itinéraire que moi. Fou. On roule toute l’aprem à travers de magnifiques paysages de campagne pour ne faire que 180km… vive les pistes défoncées du Java authentique! La journée se termine par un bon fou rire général au cours du dîner. Soirée mémorable!
Jour 3 : Réveil encore plus matinal que la veille après une « petite sieste » pour une expérience unique! De celles qui restent gravées à jamais dans votre mémoire. Départ à 1h du mat’ pour l’ascension by night du Kawa Ijen aux côtés des porteurs de souffre, véritables forçats du « cratère vert » situé à 2400m. Il s’agit du principal centre d’exploitation de souffre du pays, celui-ci étant utilisé dans un second temps pour le raffinage du sucre. Surprenant. La rencontre de ces hommes qui travaillent dans les entrailles de ce monstre vous met tout simplement la chair de poule. Les porteurs font en général deux allers-retours par jour (soit une quinzaine de kilomètres) avec leur panier à balancier chargé de 80 à 100kg du précieux matériau jaune sur le dos pour espérer gagner 2-3 euros dans la journée. Et ceci sans aucune protection, en tong ou bottes en caoutchouc et la clope au bec! Comme si les émanations toxiques qu’ils respirent à longueur de temps ne suffisaient pas! Dans de telles conditions, pas besoin d’avoir fait médecine pour comprendre leur espérance de vie très limitée. On atteint le sommet en 1h30 de marche grâce à notre guide Mostafa adorable et hyper prudent avec ses « Hati hati! ». Pas facile facile la première moitié de grimpette, c’est en définitive pas mal de faire ça de nuit histoire de ne pas trop se décourager face à la côte. En arrivant là haut j’aperçois plus de monde que je ne pensais. Les touristes sont assurément partout de nos jours. On descend dans le cratère munis de nos masques à gaz pour aller observer les incroyables « Blue Fire » qui s’échappent des conduits. Il fait encore nuit et pas chaud. Il n’est que 3h30 mais les porteurs sont déjà au travail! Les larmes me montent aux yeux. Je vous assure qu’un tel défilé ça calme. C’est sûr dorénavant j’y réfléchirais à deux fois avant de me plaindre en ramenant un pack de lait du supermarché! On est ensuite passés au bord du lac d’un bleu-vert laiteux sublime avant de remonter vers la crête alors que le jour se lève peu à peu. Un ciel rosé et quasiment personne autour de nous, un bon moment. Il n’est que 7h30 du matin alors qu’on est de retour au bus… on a finit notre journée! Quelle nuit!

Après 1h30 de bus et une traversée en ferry interminable,  le road trip touche à sa fin le 23juin à Bali mettant un terme à 3jours de rencontres franco-belges remarquables. On part chacun de notre côté sans traîner sous un soleil brulant et ça fait très vite tout bizarre de se quitter après avoir partagé des moments de ouf ensemble! Visites de sites exceptionnels avec pas mal d’heures de transport et très peu d’heures de sommeil… de quoi créer des liens rapido! Comme une petite famille en fait. En espérant revoir Liane en juillet?!… Déjà fini Java, snif! J’ai été réellement touchée par cette île et ses habitants. Comme dirait Roberto « mon cœur est époustouflée » devant tant de beautés! J’y ai vécu de superbes instants. Le genre d’espace-temps où l’on se dit que la vie est belle (c’est le cas de le dire!). Et même si c’est pas « fun » tous les jours un tour du monde, j’aime ce que je fais et j’adore ce que je vis! Je pense de plus en plus au retour qui approche et je sens que ça ne va pas être si évident que ça. La joie de vous retrouver sera immense c’est sûr mais j’ai bien peur qu’une belle petite déprime soit aussi probablement au programme des prochains mois… à voir! Quoi qu’il en soit, me voilà de nouveau à Bali mais seule cette fois. Comme on dit « jamais deux sans trois »! Suite à cette semaine javanaise pas franchement de tout repos, j’étais ravie de me retrouver un peu « à la maison », d’autant plus que « l’île des Dieux » se trouve sur la route de ma prochaine étape indonésienne : la typique Flores. Il est 12h30 quand je débarque à l’hôtel Tirta Sari de Pemuteran avec l’envie de faire une petite halte dans ce lieu relaxant au nord-ouest de l’île avant de redescendre vers le centre pour poser mes valises (enfin, mes gros sacs!) quelques jours à Ubud. Bref, une escale séduisante dans de superbes hôtels balinais sans « grands objectifs » pour recharger les batteries! Ça fait du bien parfois.
Pemuteran lors de mon premier voyage en 2011 c’était un tout petit village de pêcheurs, enfin comme disait Le Routard « pas vraiment un village, juste une plage tranquille et propre plantée de quelques hôtels ». À l’époque on pouvait bénéficier d’une sérénité absolue dans ce recoin de Bali qui se résumait en fait en une route longeant une ravissante baie bordée de quelques hôtels de rêve, le tout non loin du superbe site de plongée de l’île de Menjangan. Vous vous en doutez, comme à peu près tout à Bali, ça a bien changé! Cela dit ça reste encore calme et plein de charme malgré le nombre d’hôtels multiplié par 10 et la plage de sable noir transformée malheureusement aujourd’hui en une jolie petite poubelle. Pas archi dégueulasse mais pas non plus aussi nickel qu’avant, quel dommage. Le coucher de soleil y était cela dit très beau : l’occasion d’une balade les pieds dans l’eau avec la belle Java et ses sommets volcaniques en arrière plan… et de repenser, nostalgique, aux bons moments passés là-bas! Le lendemain, reboostée à bloc, direction Ubud avec mon sympathique chauffeur (et jeune papa) Putu. J’avais beaucoup aimé cette journée de vadrouille à travers Munduk et Bedugul quelques années plus tôt. J’ai reconnu pleins d’endroits, cool. Toujours aussi plaisant ces paysages de campagne avec rizières, montagnes et lacs! Une fois à Ubud, j’ai eu le plaisir de découvrir un hôtel top, le Desak Putu Putera Cottages. J’ai même été surclassée! Une chambre immense juste à côté de la piscine à débordement… trop dur la vie! Un tour au Bali Buddha Cafe (toujours aussi chouette), une soirée télé et hop au dodo. Les jours suivants ont été synonymes de « petite loose » avec pas mal de pluie. Pas étonnant, je venais de casser mon bracelet porte-bonheur! Encore une fois j’ai profité de mes petits lieux favoris (un peu moins de la foule de juin!) comme le resto Nomad et ses succulentes « seafood tagliatelle » (encore et toujours le même plat ici, je respecte la tradition!) ou encore le Kafe et son ambiance zen-bio-detox. Également une belle nouveauté avec le Blackbeach et ses pizza à tomber. Je kiffe Ubud malgré les averses… même si j’ai rien fait de palpitant! Aucune visite, ce fut finalement un séjour 100% détente si on exclut ce « p… de coq » qui gueulait tout le temps. De jour comme de nuit! Et devinez qui j’ai croisé au détour d’un rue… Liane! Incroyable mais vrai. J’ai quitté Bali sous la grisaille le 28juin en espérant retrouver le soleil sur l’île de Flores… suite au prochain épisode!

 

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