Après quelques jours de pause à Singapour suite au départ de Battitt (snif!), je me suis envolée le 4 juin dernier pour le pays voisin. Vous l’aurez compris, le 40ème article du blog sera consacré à la Malaisie. Quatrième et dernière fois que je me retrouvais dans cet aéroport génialissime de Singapour mais aujourd’hui un ciel bien gris et un petit crachin sont venus agrémenter la matinée. Quel triste temps! Il est bel et bien l’heure de changer d’horizons.Ayant eu envie de rester un peu plus longtemps que prévu à Singapour, je n’avais plus qu’une douzaine de jours à consacrer à ce pays si étonnant avant mon vol pour Java. J’ai donc dû faire des choix! Exit les plages de rêve de la Côte Est ou encore la Malaisie orientale… et en avant toute pour l’Ouest! Pour la côte ouest de la partie ouest pour être plus précise. En effet, je sais pas si vous voyez comment est fichu ce pays mais il s’agit en fait de deux gros morceaux de terre séparés par la Mer de Chine. Un pays bicéphale comme dit le Routard avec d’un côté la Malaisie orientale adossée à Bornéo (Indonésie) et de l’autre, la Malaisie occidentale ou Péninsule malaise qui fait suite à la Thaïlande. Bref, déjà surprenant! Me voilà donc prête à prendre l’avion (encore une fois!) en direction de l’île de Penang. Mon itinéraire est tout tracé, je vais me concentrer sur la ville « arty » de Georgetown, la campagne des Cameron Highlands et bien sûr la capitale Kuala Lumpur. Déjà bien assez de route comme ça! C’est alors que je discute avec une allemande assise à côté de moi lors du transfert vers l’aéroport… pas vraiment une grande idée! La nana était plutôt gentille mais elle m’a cassé direct en me donnant son point de vue mitigé sur la Malaisie où elle avait séjourné au mois de mai. « Oh, I think it’s quiet boring »… rhhh! Mais qu’est-ce qu’elle raconte?! Tant pis, je préfère me faire un avis « moi-même » (comme je le disais si souvent étant gosse, n’est-ce pas ama?!).
J’ai débarqué à Penang sous un soleil de plomb le jour de l’annif du Sultan (donc férié). Sur le chemin du centre de Georgetown, la plus grande ville au nord-est de l’île, le chauffeur de taxi adorable m’a parlé de son cher pays. Ça met tout de suite dans le bain, j’adore. Je me souviendrais longtemps de ce premier jour! Rien d’extraordinaire mais une ambiance sympa, une auberge tendance et une certaine effervescence le soir venu autour des foodstalls de la rue Lebuh Chulia. Vie de quartier animée, nourriture divine, diversité culturelle et religieuse… et du street art, il n’en fallait pas plus pour me convaincre! I love Georgetown! Not in USA but in Malaisia! La bouffe était vraiment exquise notamment dans la rue où les petites échoppes à trois francs six sous s’installaient à la tombée de la nuit. Je vous dis pas comme ça dépote ici! Un vrai bordel organisé, comme un resto géant à ciel ouvert. J’ai trouvé d’autres endroits tout aussi charmants pour se régaler comme le café Mugshot avec son yagourt-crumble à tomber, le bon Ayam perchik du China House et l’excellent apple juice au Wheeler’s Coffee. Tiens tiens, ils recrutent du personnel ici… Et si je restais? Je dois admettre qui l’idée m’a traversé l’esprit. Durant mes 5 jours sur place, je me suis pas ennuyée une seconde. C’est sûr, c’est pas non plus une ville pleine de monuments et de musées qui demande énormément de temps genre Paris mais il y a pas mal de trucs à faire quand même. La plupart des touristes y passent moins de temps mais j’ai beaucoup apprécié de pouvoir faire les choses tranquillement et m’imprégner de cette atmosphère si particulière. La ville est réputée pour ses diverses représentations artistiques de qualité avec notamment le Georgetown Festival en août qui a l’air super. Pas de spectacles pour moi cette semaine, dommage. Et puis surtout ici l’art est devenu présent partout et accessible par tous avec un projet de Street art dans toute la ville en 2012. Des tas des graffs magnifiques sur les murs et le Hin Bus Depot offrent l’occasion de balades très agréables. On peut aussi en profiter pour voir des mosquées (appel à la prière plutôt discret ici, cool!), des temples hindous et bouddhiques voire même thaïs et birmans (pas mes préférés, vraiment too much) et même des églises. Tout ce petit monde cohabitent paisiblement. Comme quoi c’est possible! Prends-en de la graine Vieux Monde! Il a fait chaud, très chaud ces jours-ci et je suis restée admirative des musulmans en cette période de Ramadan. Mais comment ils font pour pas boire une goutte de la journée? Sur le plan architectural, de jolies maisons chinoises et bâtisses coloniales patinées par le temps ou encore les baraques sur pilotis aux Clan Jetty et Pier contrastent follement avec le mythique Hôtel Eastern Oriental et le quartier des riches au bord de l’eau. La visite du Penang Museum m’a permise d’en savoir un peu plus sur l’histoire de l’île et du pays riche en rebondissements du fait de sa place stratégique avec le détroit de Malacca. Passé colonial chargé et très forte immigration, d’où la grande mixité culturelle d’aujourd’hui. Sinon j’ai fait de belles rencontres comme ma sosie version américano-asiatique (même âge, même métier, même situation… un truc de fou!) et d’autres un peu moins heureuses comme cette masseuse avec ses gestes bien trop musclés. Rhhhhh, mais qu’est-ce qu’elles ont toutes cette manie de vouloir jouer au kiné?
J’ai ensuite quitté la côte pour faire un tour aux Cameron Highlands et ainsi découvrir un peu plus l’intérieur des terres malaises. Après un trajet en bus folklo de plusieurs heures (bus à la déco kitsch à mourir avec des rideaux-tapis affreux, une vieille musique indienne et un chauffeur qui passait son temps à s’engueuler au téléphone!), je suis bien arrivée à destination avec le bon petit retard habituel! C’est qu’elle tournait terrible sur la fin cette route de montagne! Impossible de faire quoi que ce soit d’autre que de regarder dehors. Joli cela dit. Bonne nouvelle là haut à Tanah Rata : il fait frais! Quel bonheur de pouvoir re-sortir pantalons et gilets restés au fond du sac depuis plus d’un mois (si si, je vous jure!). On respire ici et ça fait du bien. En fait, j’ai un peu eu l’impression d’être à la maison avec, vous savez, les belles journées ensoleillées mais encore légèrement fraîches du début d’été! Super agréable. Ce coin de la Malaisie est particulièrement réputé pour sa culture du thé et quelques trucs à toutous non d’origines tels que les papillons et les fraises. Pour découvrir les lieux j’ai fait une sortie en petit groupe avec un guide : Mister Satu, champion national de course à pied et enfant de cueilleurs de thé qui connait tout et tout le monde ici. Passage au point de vue du Mont Brinchang 2200m d’altitude, petite balade dans la très ancienne Mossy Forest et visite des belles plantations de thé de Boh Sungei Palas et de Barat (Ah, c’est nouveau ça! C’était pas la charpente leur truc? Hi Hi!) étaient au programme de cette journée. Sympa mais un brin trop touristique et surexploité par endroits (la culture sous serres fait des ravages ici), je reste sur ma faim. Je pensais avoir l’occasion de retourner me promener et m’enfoncer un peu plus dans les champs d’arbres à thé mais c’était sans compter sur la météo. Il se met à pleuvoir : la loose!
Suite à cette parenthèse rafraîchissante plus qu’appréciable, je suis redescendue à Kuala Lumpur à travers une route encore bien sinueuse. Toujours le nez à la fenêtre, j’ai pu voir en chemin quelques villages traditionnels « orang asli » d’une grande pauvreté. Une fois en ville, j’ai rencontré une indonésienne (en couple avec un français, ce hasard!) et sa sister qui m’ont aidé à trouver l’hôtel vers Jalan Alor. Vraiment touchant et inattendu dans ce monde de mecs! Je commençais à me sentir un peu seule dans le bus. Que des mecs, un truc de fou! Mon hôtel était plutôt confort et j’en ai profité pour rattraper mon retard au niveau infos-télé. Entre soleil et grosses averses, j’ai trouvé le temps de visiter Chinatown et Little India. Cool mais beaucoup de lieux et monuments religieux en travaux. Le centre colonial et son magnifique Merdeka Square avec ses bâtiments de style moghole m’ont en revanche énormément plu. J’ai bien sûr gardé le meilleur pour la fin ou du moins le plus connu : le quartier friqué de KLCC. Une zone commerciale immense avec notamment le centre Pavillon et un pont couvert géant qui mène aux célèbres Tours Petronas. Impressionnant, vraiment un tout autre aspect de KL! C’est sans conteste une capitale bien différente des autres. Pas la plus belle (ni la plus propre!) mais surement la plus vivante. Bruit et mouvement constants… encore une fois un joyeux bordel organisé!
Je quitte Kuala Lumpur mi-juin en ayant un peu la sensation de ne pas avoir fait grand chose. Trop peu de temps pour ce pays si intéressant, il me faudra revenir pour m’aventurer sur les îles paradisiaques et mieux explorer la nature plus authentique côté est. Ok, c’est pas le pays le plus passionnant d’Asie (l’allemande avait pas tout à fait tord!) et j’avoue volontiers que c’est pas « le plus beau voyage de ma vie ». Cela dit, j’ai eu un véritable coup de cœur pour Georgetown, ville haute en couleurs comme je les aime. A la fois multiculturelle, historique et artistique, elle a tout pour plaire. Un vrai brouhaha ethnique et un charme fou. C’est finalement ça la Malaisie, une diversité assez unique où les Malais musulmans côtoient les nombreux Chinois, Indiens et autres minorités asiatiques. Certainement pas un pays réputé pour des paysages à couper le souffle mais autrement plus riche d’un melting-pot extraordinaire. Une bonne nouvelle aussi : pas tant de moustiques que ça, un peu au nord mais sans plus. Je m’attendais à mieux! LOL. Record absolu détenu par la Nouvelle Calédonie en mars! Et autre fait surprenant, j’ai vu pas mal de « trans » ici. Plus qu’ailleurs. Très étonnant pour ce pays si masculin! Les Malais sont très mignons mais j’aurais bien aimé voir un peu plus de Malaises. Le nombre de fois où je me suis retrouvée la seule nana dans les transport ou les rues en me disant « Mais c’est pas possible, où sont les femmes dans ce pays?! ». Le must ça a été le premier soir à Georgetown au café super branché Mugshot. Moi la seule nana du coin attablée avec mon succulent yaourt, entourée d’une quinzaine de gaillards qui boivent un coup… et Céline Dion en fond sonore! LOL. Sinon un truc qui va pas me manquer : les crachats et mouchages sans kleenex! Technique très répandue en Asie mais ici c’est pire que tout, arrhhhhh dégueulasse je supporte pas!
Sur ce, il est 5h24 en ce 16juin. La réception de l’hôtel me réveille avec un sympathique coup de fil… « les italiens », plus précisément un couple italiano-indien fort aimable rencontré hier, veulent s’attendre en bas à 5h45 pour partager le taxi au lieu de 6h comme convenu la veille! Pas le temps de traîner! Ils ont peur d’être en retard… on sera finalement à l’aéroport flambant neuf KLIA2 à 6h40! C’était bien la peine de se presser, surtout que mon vol a 1h de retard. Bref 4h à poiroter, je fais quoi? Un tour au Starbucks Coffee bien sûr! En attendant la suite…
Article écrit en partie en juillet dans l’avion à 6h du mat’ après une nuit blanche avec Coldplay et Imagine Dragons dans les oreilles et terminé depuis le « pays mystère » en compagnie de Muse et Foo Fighters le 9juillet… j’étais d’une humeur plus rock ce jour là malgré la pluie dehors! « Time is running out », c’est vrai que le temps passe vite. Plus blues aujourd’hui mais ça ira mieux demain…. c’est le cas de le dire! Hâte de voir arriver les « 2 quinquas » et de partager avec elles mon coup de foudre pour ce dernier pays. Comme on dit « last but not least »… ou « les derniers seront les premiers » si vous préférez la version de Céline!