Deux petites heures de vol depuis Singapour et hop, nous voilà à Bali le 19mai pour une dizaine de jours. Un peu bizarre de me retrouver ici quelques années après mon premier séjour. Après l’Indonésie en couple… vive l’Indonésie entre frères et sœurs! Ça me fait plaisir de revenir sur « l’île des Dieux » que j’avais tant aimé 5ans auparavant et en même temps il semble que les choses aient bien changé. Atterrissage au soleil couchant à l’aéroport tout nouveau tout beau de Denpasar… c’est sûr, ça a bien changé! C’est l’une des plus petites îles d’Indonésie mais de loin la plus convoitée. Le Routard commence d’ailleurs le chapitre en évoquant les nuages noirs qui s’amoncellent faisant craindre le pire dans un avenir proche : « L’absence de plan d’aménagement cohérent, conjugué à l’attrait du profit immédiat et à la corruption, risque de sacrifier l’île sur l’autel du tourisme de masse et du mercantilisme« . Tout est dit! Alors que reste-t-il du Bali que j’ai connu?
Dès notre arrivée, bonne surprise : il fait un peu moins lourd qu’à Singapour. On a en effet été vernis au niveau météo ici avec un grand soleil quotidien et la bonne grosse chaleur qui va avec. Cela dit, pas de pluie mis à part une averse à Gili… et quelle averse! Démentielle. On a donc pu profiter de belles journées en commençant notre périple par les villes de Kuta et Legian au sud. Loin du Bali authentique déjà à l’époque, cette zone hyper-touristique de l’île a grandi de façon démesurée avec des milliers d’hôtels, restaurants, boutiques et boîtes à la mode qui s’agglutinent sur plusieurs kilomètres de côte. Évidemment très animé, bruyant… et blindé de monde (beaucoup d’Australiens)! Je vous avoue que j’ai souvent eu du mal à reconnaître les lieux notamment à Jimbaran, LA déception. Mais elles sont passées où les petites tables sur la plage pour déguster un bon poisson grillé les pieds dans le sable?! Ce lieu « so romantic » est devenu une vrai usine à toutous! Quel dommage. La grande plage de Kuta reste par contre sympa malgré les sollicitations constantes des vendeurs de tout et n’importe quoi. Au moins un toutes les 2minutes, je vous assure. Mais bon, c’est aussi l’occasion de belles rencontres comme les deux vieilles masseuses Wayan et « n°28 ». Adorables. J’aurais pu rester là des heures à observer l’animation, les gens qui passent et les surfeurs de tous âges. On a trouvé également d’excellents restos dans le coin comme le Poppies (la classe!) et le Fat chow (notre cantine!). Battitt y a découvert les joies de la gastronomie indonésienne avec de bons satay et mie goreng. Miam! Mention spéciale pour le petit extras de notre dernier soir : une crème brulée au thé vert. Délicieux. Le lendemain, l’après-midi de balade sur la Péninsule de Bukit avec notre super chauffeur Made fut très chouette. Enfin, si on oublie le fait qu’il m’a refilé son rhume, le salaud! Moi qui avait pas été malade depuis janvier, rhhhhh. On a été faire un tour à Pantai Uluwatu, la plage de surf super réputée et réservée aux experts avec ses belles vagues et ses coraux si dangereux. Que calor ce jour là! On étaient en eau rien que de les regarder! Joli spectacle en tous cas. On a bien sûr finit la journée au temple juste à côté pour un beau coucher de soleil. Toujours autant le royaume des singes chapardeurs ce temple d’Uluwatu. Il y avait d’après Made plus de monde que d’habitude ce soir là du fait d’une cérémonie spéciale pleine lune. C’est vrai que les Balinais se distinguent des autres Indonésiens par leurs croyances et leurs traditions très marquées. Le rituel quotidien des offrandes que l’on trouve devant chaque boutique et maison ou encore les cérémonies et fêtes religieuses demeurent en effet bien présents sur cette île où les locaux savent toujours cultiver cette douceur de vivre si spéciale.
On a ensuite filé chercher un peu plus de calme et de sérénité vers Ubud au centre de l’île, véritable Mecque du bien-être. En somme Ubud à Bali c’est un peu Byron Bay en Australie… mais la plage en moins et le vert des rizières en plus! Lieu mis en avant notamment par le best-seller « Mange, prie, aime » pour son côté bohème, on y trouve des stages de yoga et cafés de « healthy food » à tous les coins de rues. Mais cette ville est avant tout le foyer de l’art balinais et de la bonne cuisine. Joli mélange! Sur la route avec Made, notre cher taxi-surfeur, autodidacte linguistique (avec ses « what’s name?! » à chaque phrase) et toujours victime d’une vilaine rhinite, on a visité des trucs intéressants : fabriques de bijoux et de batik (tissu balinais), joli temple de Batuan ainsi que dégustation du bon Luwak Coffee et son « je ne sais quoi » en plus (mieux vaut en effet ne pas savoir comment, ou plutôt par qui, les grains de café sont fermentés!) avant la découverte de beaux paysages. Un resto avec terrasse sur les rizières au déjeuner puis rizières en terrasses à Tegallalang dans l’aprem… ça s’invente pas! Encore une fois c’était différent et bien plus peuplé qu’avant mais cool de pouvoir se balader au milieu de ces champs de riz près à être récoltés. Un bon moment. Nos 2 jours à Ubud sont passées à une allure folle entre balade en scoot vers la Monkey Forest ou vers l’ouest de la ville (avec en prime un bon footing dans les champs pour Battitt!) et négociations au marché. On y a d’ailleurs fait la connaissance d’un peintre et un peu, voire beaucoup, craqué pour ces oeuvres. Ubud étant le « cœur culinaire » de Bali, vous vous doutez bien qu’on a encore fait plaisir à nos papilles avec de bons repas, toujours accompagnés d’une bonne Bintang pour monsieur et d’exquis jus de fruits frais pour moi, comme au Warung Enak, au Nomad et au Kafe. Je suis sortie de là en me disant « je reviendrais »… et c’est vrai! Extrêmement plaisant de pouvoir se dire ça. L’ascension du Mont Batur de nuit pour s’émerveiller devant le lever de soleil aura été par contre le défi perso de Battitt. Se lever à 1h du mat’ pour crapahuter sur le volcan… je passe mon tour! Sublime mais déjà fait il y 5ans. Puis ce soir là on a été voir un spectacle de danse Ramayana à l’Ubud Palace. Ravissant… et bien compliqué! C’est là que j’ai compris l’utilité d’un petit texte explicatif. Petite pensée pour vous les filles d’Iruski et les extraordinaires présentations de Kiki! A part ça, gros coup de cœur pour notre hôtel tout neuf le Sapodilla et son équipe aux petits soins. Big up Wis!
Après ce bon bol d’air, on a pris la direction de Gili Trawangan au large de Lombok. Un trajet en minibus ventilé (et non climatisé, aie!) jusqu’à Padangbay à travers la campagne (ravie de revoir cette route que j’avais adoré, toujours aussi authentique par endroits) suivi d’1h30 de bateau étaient nécessaires pour rejoindre cet îlot hippy-bobo-cool-chic au large de Lombok où les voitures sont interdites… mais les « magic mushrooms » tolérés! C’est vrai que c’est la plus fêtarde des 3 Gilis (Trawangan, Meno et Air). La plus grande aussi et surtout la plus fréquentée. Ça a été la belle vie ces 3jours cool-cool entourés de plages de rêve (surtout dès qu’on s’éloigne des environs de l’embarcadère où tout le monde s’entasse). On a vu des trucs de fou comme une énorme lune rouge le premier soir, un mec qui joue avec le feu (au sens propre du terme) ou des couchers de soleil superbes au fil de nos promenades autour de l’île à pied… et à vélo! N’est-ce pas Battitt? Fou amoureux de sa bicyclette verte et orange, trop drôle! On a également pu nager avec des tortues lors d’une journée snorkeling autour des 3 îles (et même surfer pour monsieur le lendemain!). Un merveilleux moment si on exclut le fait que la moitié du bateau, moi y compris, a été malade. C’est que ça tanguait sérieux parfois. Il faut dire qu’on était une bonne trentaine sur ce « navire », enfin plutôt une barque améliorée, sensé contenir selon moi 5 à 10 personnes de moins. L’horreur! A part ça, autre petit coup de cœur hôtelier : le Coconut Dream Bungalow pour notre notre chambre-bungalow top et son proprio adorable. On a vécu un instant assez spécial le premier soir : un plouf de nuit dans la piscine (où plutôt un vrai bain vu la température de l’eau!) avec en fond sonore l’appel à la prière provenant du minaret d’à côté. Surréaliste mais sympathique! Enfin, autre épisode marquant, l’orage phénoménal et les pluies diluviennes qui se sont abattues alors qu’on dégustait des brochettes de poisson (du Mahi mahi, j’ai pensé à mes potes de Nouméa!) avec de la bonne zik des années 90 au Scallywags. « Ahhhhh, on est pas bien là? ». On a moins kiffé le retour à l’hôtel à travers les rues inondées!
C’est clair, la belle Bali n’est plus tout à fait la même mais conserve quand bien même son charme magnétique et recèle encore des lieux préservés du tourisme de masse; jusqu’à quand?! Il faut juste s’enfoncer un peu plus dans les terres qu’avant pour apprécier pleinement ses nombreux atouts. « De belles plages, des reliefs volcaniques extraordinaires habillés de forêts, des collines où s’étagent des rizières dont les courbes font danser la lumière ainsi qu’une culture omniprésente et toujours authentique »… et bien sûr les Balinais pour leur douceur et leur étonnante gentillesse! En tous les cas, ce voyage avec mon « piti » frèro restera un temps fort de mon aventure around the world. On avait déjà bougé en Europe ensemble mais jamais rien que tous les deux et je dois dire que j’ai adoré lui faire découvrir un petit bout d’Indonésie dont je gardais un excellent souvenir. Pas toujours facile de retourner dans certains endroits mais tellement génial de voir sa mine réjouie devant les temples, rizières et plages de toute beauté. C’est donc non sans peine que je l’ai vu repartir fin mai. Nos chemins se sont séparés à Singapour après une fin de journée incroyable. « C’était vraiment énorme! » qu’il me crie depuis le wagon du métro au moment du départ alors que je contiens mes larmes. Quelle tâche! Mais c’est vrai que c’était nickel. Il aura même échappé à la malédiction de fin de séjour qui touche tous mes co-voyageurs habituellement! Il finit en ajoutant « Je t’envoie les deux vieilles très vite! » juste avant que la porte ne se referme. J’y compte bien oui! Ciao bello. Il est à présent temps pour moi de reprendre la route en solo pour plusieurs semaines… un bon break à Singapour et hop, dans quelques jours direction la Malaisie!