Comme vous l’avez lu dans le dernier article, j’ai quitté Bariloche en Argentine avec un petit pincement au cœur le samedi 6 février… direction l’île de Chiloé! Je vous avoue que cette étape ne faisait pas partie de mon itinéraire au début. Météo visiblement souvent maussade dans la région, ça ne me disait rien de faire un petit détour par là-bas. Et puis après en avoir entendu parler plusieurs fois par des voyageurs j’ai commencé à douter. « Et pourquoi pas passer par là pendant la semaine qui me reste avant de retrouver Christelle à Santiago? ». Et c’est finalement « Aaron from Washington D.C » (un coloc à Bariloche) qui a fini par me convaincre. « Yeah, I have great hostels to recommend you » me dit-il en dégainant son super portable avec des photos un matin au petit déjeuner. Hop hop hop, en deux temps trois mouvements j’étais décidée et les réservations de logements étaient faites! Et franchement, quelle bonne idée. J’y ai passé de très bons moments… et sous un grand soleil en plus! Comme c’est grisant de pouvoir changer d’avis comme ça. J’adore ce genre d’imprévus!
Donc Chiloé c’est une île de 200km de long et 50km de large qui se trouve au large du Chili. Réputée pour avoir su conserver son authenticité du fait de son isolement, l’île est très verte grâce à sa météo capricieuse. On y trouve pas mal de fermes de céréaliers et des pâturages avec brebis à grosse laine mais aussi de jolies villes par ici par là avec leur port de pêche. Le ramassage des algues destinées aux sushis japonais ou encore l’origine de la pomme de terre, c’est ici. Bref, c’est un petit air d’Irlande ou de Bretagne chilienne!
Je suis d’abord restée 2jours sur Ancud au nord de l’île dans une auberge de jeunesse géniale. Au programme, visite de la ville et balade dans la campagne environnante (sous la pluie, juste pour une fois) avec rencontre des pingouins du coin. En me promenant dans la ville, je suis aussi tombée sur un concert dans la place principale le dimanche aprem avec un groupe qui se la jouait grave et des spectatrices tout en hurlements… assez insolite! J’ai ensuite été passé 3jours à Castro, la plus grande ville de l’île qui se situe sur la côte est. Et là, super expérience, j’ai dormi dans une maison sur pilotis! Bien que très touristique, j’ai adoré cette ville. Elle a un charme fou avec ses « palafito », ses façades d’églises ou de maisons en bois coloré et ses excellents restos-cafés. Autre moment spécial, il y a eu un incendie un soir sur les hauteurs de la ville non loin de mon quartier de Gamboa. Les pompiers au sol ont dû faire appel à l’hélico pour maîtriser le feu et bien sûr le pilote faisait les aller-retour pour chercher l’eau au plus près… c’est à dire au pied de mon palafito à marée basse. Je vous dis pas comme c’était impressionnant! Je suis aussi passée par la très jolie ville de Dalcahue et la Isla Quinchao juste à côté. Vraiment très belle journée en compagnie d’une allemande rencontrée la veille. D’ailleurs, c’est ce jour là que j’ai pris un énorme coup de soleil. Incroyable mais vrai à Chiloé! Quand le soleil pointe le bout de son nez ici il ne fait pas semblant. Indice UV à 11 apparemment donc vous imaginez, un bon « klako » sur le visage!
Ah, et je vous ai pas parlé de mes trajets en bus! La route Bariloche-Chiloé (seulement 7h) était sympa aux côtés d’Alberto, un Chilien d’une soixantaine d’années cuisinier à Bariloche. Je m’étais levée à 5h30 du mat’ ce jour là (après une courte nuit, soirée d’adieux avec Max et Christian oblige!) et pourtant je n’ai pas vu le temps passer! Heureusement quand même que les bus sont prioritaires à la frontière parce que la file d’attente pour les voitures de plusieurs kilomètres de long faisait peur à voir. J’ai été d’ailleurs étonnée de voir à quel point les flics font confiance aux chiens renifleurs côté chilien. On a même pas passé les sacs aux détecteurs pour une fois. Un gain de temps sympa et une technique intéressante. Le trajet Chiloé-Santiago a lui été un peu plus long, surtout à cause de mon voisin, un « loveur » d’environ 50ans qui était bien pendu à son portable avec des discussions à rallonges avec sa copine… jusqu’à ce qu’il n’ait plus de batterie! Il avait l’air du type bien collant, comme j’aime quoi. Bref, bus puis ferry puis re-bus de nuit et voilà, à peine 16h plus tard me voici à la capitale le vendredi 12 février au matin. Youhou, demain Kiki arrive… suite au prochain épisode!
P.S : pour celles et ceux qui se demandent si je préfère voyager seule ou accompagnée, la réponse est… les deux mon capitaine! J’ai maintenant fait l’expérience de la liberté totale qu’offre le voyage en solo et je dois avouer que c’est super. Mais j’adooooooooore aussi voyager entre amis ou en famille et ainsi partager de bons moments. Bref, les deux sont intéressants… c’est juste différent!