Il y a quelques jours, je ne pensais pas faire deux articles mais mes 2 jours de bus sur la mythique Ruta 40 en méritait bien un!
Jeudi matin, j’ai quitté Puerto Natales au Chili en direction d’El Calafate, passage obligé pour aller à Bariloche en Argentine. J’avais eu la bonne idée d’acheter les billets de bus en me disant « Bon, tant que j’y suis j’enchaîne tout et on en parle plus! ». Donc en théorie cela donnait 5-6h de bus avec passage de frontière jeudi matin, petite pause à El Calafate dans l’aprem puis re-bus en fin de journée pour 25h! Oui oui, pas de faute de frappe, c’est bien 25h de bus. Ça fait beaucoup mais je m’étais dit que sur la célèbre Route 40 ça devrait le faire! Cette route qui semble s’étirer à l’infini sur 5000km traverse le pays des gauchos du nord au sud… des paysages magnifiques et quelques villes aussi qu’on pourrait presque compter sur les 5 doigts de la main! Et c’est vrai que c’est beau! Heureusement parce que, vous vous en doutez, évidemment tout ne s’est pas vraiment passé comme prévu!
Petite chronologie des faits.
Départ à 8h de l’auberge de Puerto Natales pour bus à 8h30. Passage des frontières plus rapide que la première fois donc j’étais contente mais c’était sans compter sur le fait qu’on allait vite être bloqués par une manifestation d’ouvriers d’une centrale thermoélectrique! On est les premiers à être arrêtés puis suivent vite des voitures, camions, etc. Rien à faire, il faut attendre! On est plusieurs à descendre du bus pour se dégourdir les jambes. Certains s’approchent du barrage où une « banda » fait l’animation (petite pensée pour toi Évelyne, je t’aurais bien vu mener tout ça!). Je discute avec Fernando, un employé qui m’explique qu’ils n’ont pas été payé depuis le changement de gouvernement il y a 3 mois. « Bienvenida a Patagonia y su realidad! ». Décidément, depuis le début de mon voyage on me parle souvent du nouveau président Macri et pas qu’en bien! On échange pas mal sur le quotidien dans nos pays, nos métiers, l’inflation toujours galopante en Patagonie, etc… Il voit notamment la France et l’Allemagne comme des pays supers, sans pauvreté, d’où l’afflux des migrants. Toujours très intéressant de connaître le point de vue d’étrangers! Évidemment, certaines personnes du bus ont tenté de payer les manifestants pour débloquer la situation. Les ouvriers leur ont de suite rendu la cagnotte intacte. Ça nous a bien fait sourire avec Fernando! Il me dit que là aussi les grévistes ne sont pas tous d’accord. Certains veulent tout bloquer, d’autres non. Les voitures et bus des locaux passent mais pas nous ce qui agace encore certains touristes. On a également vu des policiers et militaires passer et continuer leur chemin sans même sortir de la voiture. Bizarre. Bref, comme tout le monde je commence à avoir faim (mais rien ici) et à me dire que ce sera compliqué pour avoir le bus suivant que j’avais réservé. Le chauffeur du bus est sympa mais me fait comprendre que le change du billet en cas de retard sera impossible selon lui, rhhhhhh. Au bout d’un moment, il essaie d’organiser une commande de bouffe avec un boulanger bloqué aussi un peu plus loin! C’est alors que le barrage s’ouvre! On redémarre donc après 3h d’attente (ouf!) et on arrive à El Calafate à 17h30. Je me sens déjà dégueulasse mais tant pis! Tout juste le temps d’avaler une p’tite salade et départ du 2ème bus à 18h30.
A partir de là en gros on a roulé sans presque s’arrêter. Détour par El Chalten, j’avais un peu les boules mais la route est toujours aussi belle. On a eu droit a un joli lever de soleil à 6h. Au final, ça passe pas trop mal tout ce temps en bus même si je vous avoue qu’il y a eu quelques longueurs… surtout les dernières heures en bonus! Cela dit pour le prix (140euros pour El Calafate – Bariloche tout de même) on aurait pu s’attendre à mieux, notamment au niveau hygiène et alimentation! J’en connais qui aurez eu faim! Ah oui, je vous ai pas dit mais on a finalement mis 28h et non 25. Merci les infos erronées de la vendeuse! En apprenant ça, je me suis dit « Boh, je suis plus à quelques heures près! » sauf que je me serais tout de même bien passé d’arriver à 22h30 dans une ville que je connaissais pas. Bref, 39h après être partie du Chili vous pouvez pas savoir comme j’étais contente de retrouver le confort d’une petite chambre et un bon repas à Bariloche!
Cela dit, les jours se suivent mais ne se ressemblent pas. Je vous écris donc maintenant de Bariloche où je passe un bon w.e chez Maximilliano et Christian, un couple d’argentins adorables qui tient un Bed&breakfast tout mimi un peu à l’écart de la ville. Parfait pour se reposer! Cerise sur le gâteau, Max a été cuisto pendant des années… je vous dis pas les bonnes choses qu’il me prépare! « Muy rico » comme on dit ici. Une bonne semaine en perspective dans cette région des lacs! Suite au prochain épisode…
Photos prises du bus. Disculpe!
Profite bien !!! ❤
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